Climat

AXA et BNP Paribas pointés du doigt pour leurs investissements dans les activités polluantes

par Ivan du Roy

BNP Paribas arrive en tête du classement réalisé par l’ONG belge Netwerk Vlaanderen des institutions financières investissant dans des activités très polluantes : construction de centrales au charbon, extraction de pétrole des sables bitumineux ou déforestation de forêts tropicales [1]... BNP Paribas consacre 731 millions d’euros au seul secteur du charbon. Un secteur responsable de plus d’un tiers des émissions de CO2. La banque a ainsi participé au financement d’une nouvelle centrale au charbon au Chili, d’une capacité de 150 MégaWatts, soit 860.000 tonnes d’émissions de CO2 chaque année. L’équivalent de 286.000 voitures.

« Investir utile aujourd’hui, c’est financer la croissance de demain et contribuer à sauver la planète après-demain », affirmait pourtant Olivier Le Grand, président de Cortal Consors, une société de BNP Paribas, lors du lancement d’une opération « Investir utile 6 », le 3 juin 2010 visant à « lutter contre le réchauffement climatique ». Début juin, un communiqué de presse de la banque annonçait aussi la mise en place d’une compensation énergétique : les dépenses d’énergies du siège social de la banque sont compensées « par une production équivalente » d’électricité renouvelable. Bien, mais qu’en est-il des projets polluants qu’elle finance ?

C’est Axa qui réalise le « plus d’investissements dans la vingtaine de “géants” du secteur minier analysés dans l’étude. Soit 617 millions d’euros de participations au capital de ces entreprises », s’indigne l’ONG Les Amis de la Terre, également membre du collectif BankTrack. BNP et Axa sont aussi impliquées dans l’extraction des sables bitumineux canadiens ou la déforestation en Asie du Sud-Est, liée à l’extension des plantations de palmiers à huile. Selon Les Amis de la Terre, BNP Paribas a octroyé en 2008 des prêts de 111 et 54 millions d’euros à l’entreprise canadienne Suncor, spécialiste de l’extraction des sables bitumineux. Une entreprise condamnée en 2009 pour des infractions environnementales dans ses installations en Alberta. AXA détiendrait aussi 352 millions d’euros au capital de Suncor. Ce qui ne l’empêche pas d’affirmer sur son site, qu’en tant qu’entreprise responsable, elle « place la préservation de l’environnement au cœur de son projet ».

La version initiale de cet article a été publié sur Basta ! le 9 juin 2010