Source : Nawaat

Marchés publics

Affaires de corruption : sur les traces d’Alstom en Tunisie

Alstom est actuellement la cible de plusieurs enquêtes pour corruption au Brésil, aux États-Unis et, dernièrement, au Royaume-Uni. Les autorités judiciaires britanniques soupçonnent des versements de pots-de-vin en lien avec l’obtention de marchés publics notamment en Inde, en Malaisie et en Tunisie. Le site tunisien d’investigation Nawaat revient sur l’histoire d’Alstom en Tunisie, ses relations avec les milieux dirigeants du pays, et la complaisance des gouvernements français successifs.

Ce procès intenté à Alstom, en Grande-Bretagne, fait suite à des informations données par la Suisse, où une autre filiale du groupe a été condamné, en 2011, pour corruption d’agents publics en Lettonie, Tunisie et Malaisie. « L’enquête pénale a révélé que les consultants engagés par Alstom sur la base de contrats de conseils, dans les trois pays cités, avaient versé une partie considérable de leurs honoraires à des décideurs étrangers et qu’ils avaient, de ce fait, exercé une influence sur eux au profit d’Alstom ». C’est le cas de Slim Chiboub qui a reçu 14 millions de dollars d’Alstom, en échange d’un service, celui de convaincre la STEG pour qu’elle ferme les yeux sur des défauts techniques commis, lors de l’exécution des travaux de la 3ème tranche de la centrale électrique de Radès. Ghannouch sera la troisième centrale électrique construite par Alstom pour la STEG, après les centrales à cycle combiné de Sousse et Radés, mises en service respectivement en 1994 et 2001.

Les antécédents d’Alstom ne semblent pas avoir gêné le pouvoir tunisien. La France non plus. « En dépit d’une impressionnante série de décisions de justice défavorables rendues à l’étranger, la société n’a jamais été inquiétée sur le sol français », notait Le Canard Enchaîné. Mais Alstom et le gouvernement français reviennennent à la charge. En mai 2012, Patrick Kron, directeur général du groupe, est reçu, au palais de Carthage, par le président de la république provisoire Moncef Marzouki. Il promet à la Tunisie un investissement dans l’énergie renouvelable. En juillet 2013, lors de la visite de François Hollande en Tunisie, même scénario. Comme le révélait Sami Ben Gharbia sur Nawaat, sans l’opposition féroce de certaines parties, une convention de partenariat industriel a failli être conclue entre la Tunisie et le groupe Alstom. Un leak montre que c’était Mehdi Jomaa, alors ministre de l’industrie, qui devait y apposer sa signature, en face de celle du responsable d’Alstom.

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