Source : Rue89

Services informatiques

Amesys, de la dictature de Khadafi au fichier controversé « des 60 millions de Français »

La controverse fait rage en France sur le projet de méga-fichier TES destiné à regrouper les données biométriques de 60 millions de français. Un appel d’offres devrait intervenir dans plusieurs semaines. L’Agence nationale des titres sécurisés, en charge du dossier, a des liens étroits avec plusieurs entreprises de services informatiques, à commencer par Atos et sa filiale Amesys - une entreprise poursuivie pour complicité de torture en raison de ses prestations pour la dictature de Khadafi.

Mais qui aura la charge du fichier monstre TES, qui provoque un émoi tel que Bernard Cazeneuve s’est finalement résolu à organiser un débat public ce 9 novembre devant la commission des lois de l’Assemblée ? Selon nos informations, un appel d’offres devrait bientôt voir le jour, quelque part entre fin 2016 et début 2017. Contre plusieurs millions d’euros, des industriels se verront donc confier la tâche d’élargir le fichier TES, qui contient déjà les données relatives à nos passeports, aux cartes nationales d’identité.

Mais l’agence nationale des titres sécurisés (ANTS), en charge de piloter le fichier TES, n’a pas attendu l’émission de ce nouveau marché pour se doter d’aides de camp. Parmi lesquels figurent un certain Amesys, actuellement poursuivie pour complicité de torture en Libye. Depuis la mort de Mouammar Kadhafi fin 2011, de nombreuses preuves (témoignages, brochures publicitaires…) accusent l’entreprise d’avoir vendu des technologies de surveillance des télécommunications au régime de l’ancien dictateur libyen. Dont il se serait servi pour arrêter et torturer des opposants, en épiant leurs faits et gestes sur Internet.

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Amesys a été racheté par Bull en 2010, et Bull par Atos en 2014. Ces trois sociétés sont l’un des principaux bénéficiaires des marchés publics et contrats de prestation passés par l’Agence nationale des titres sécurisés, pour des montants se chiffrant en dizaines de millions d’euros. Orange, Safran et Thales se partagent le reste.

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Photo : Jean Cormon CC