Source : Le Monde

Sûreté nucléaire

Anomalies sur les composants nucléaires fabriqués par Areva : les soupçons s’étendent

Le scandale suscité par la découverte, l’année dernière, d’anomalies sur la cuve de l’EPR en cours de construction à Flamanville continue de s’étendre. C’est désormais l’intégrité d’autres pièces fabriquées par Areva qui se trouve sur la sellette. Une note de l’Autorité de sûreté nucléaire (ASN) identifie des anomalies similaires sur les générateurs de vapeur de plusieurs centrales françaises actuellement en opération. EDF, propriétaire de ces centrales, minimise les risques, mais l’ASN a demandé - comme pour l’EPR - des études complémentaires. Ces révélations viennent à nouveau mettre à mal la crédibilité de l’industrie nucléaire française, alors que des pièces fabriquées pour des centrales dans des pays étrangers pourraient également être concernées.

Le Monde fait le point sur les dernières révélations :

L’Autorité de sûreté nucléaire (ASN) a révélé, dans une note publiée jeudi 23 juin, que « certains générateurs de vapeur de réacteurs d’EDF pourraient présenter une anomalie similaire à celle de la cuve de l’EPR de Flamanville [Manche] ». Concrètement, ont été décelées des zones de concentration importante en carbone, « pouvant conduire à des propriétés mécaniques plus faibles qu’attendues ». Pas moins de dix-huit réacteurs sont concernés, sur les cinquante-huit du parc électronucléaire français. Or, à la différence de l’EPR normand, encore en chantier, ceux-ci sont en activité. (...)

A la suite de la découverte [des] défauts [de la cuve de l’EPR de Flamanville], l’autorité de contrôle a demandé à EDF de mener des audits sur d’autres pièces susceptibles de présenter, elles aussi, une concentration trop élevée en carbone. Il s’avère que tel est effectivement le cas du « fond primaire » – une pièce en acier forgé en forme de demi-sphère – de certains générateurs de vapeur. Ceux-ci sont, comme la cuve, « essentiels pour la sûreté », souligne l’ASN. Les fonds de ces générateurs ont été forgés, pour certains dans l’usine Areva de Chalon/Saint-Marcel (Saône-et-Loire) – comme les calottes de la cuve de l’EPR –, d’autres au Japon par la compagnie JCFC.

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À ce stade, l’ASN estime que la suspicion ne justifie pas une mise à l’arrêt des réacteurs (réclamée par les associations antinucléaires), mais a demandé des études approfondies à EDF, opérateur des centrales concernées.

Ces révélations interviennent quelques semaines après qu’Areva ait signalé à l’ASN de nombreuses irrégularités dans les documents de contrôle de composants nucléaires
fabriqués depuis des décennies dans ses usines. Comme pour la cuve de l’EPR, ces problèmes concernent la concentration en carbone des pièces, qui pose des questions sur leur résistance en cas d’incident.

Selon les analyses de Greenpeace, sont potentiellement concernés, outre les réacteurs nucléaires français, de nombreuses installations nucléaires situées dans des pays tiers (Royaume-Uni, Suède, Suisse, mais aussi Belgique, États-Unis, Afrique du sud, Chine...), dont les équipements ont été fabriqués par Areva.

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Photo : Matthieu Nioufs CC