Source : Mediapart

Scandale financier

Areva : la justice française se saisit de l’affaire UraMin

Saisie par la Cour des comptes, la justice française vient de lancer une enquête sur les conditions de rachat par Areva de la société minière canadienne UraMin en 2007. Une opération qui s’est révélée financièrement catastrophique pour le groupe nucléaire français : pas moins de 1,8 milliard d’euros pour obtenir accès à trois gisements d’uranium qui se sont rapidement révélés inexploitables. Aux soupçons de délits d’initiés et de conflits d’intérêts au sein d’Areva s’ajoutent aujourd’hui des allégations de corruptions de dirigeants sud-africains, en vue d’obtenir des contrats nucléaires dans le pays. Mediapart, qui a publié plusieurs enquêtes sur le dossier UraMin, fait le point sur l’affaire.

Plus de trois ans après que l’affaire a émergé, la Cour des comptes vient de se rendre compte que l’opération UraMin, réalisée par Areva à l’été 2007, cachait peut-être un vrai scandale. Selon Le Monde, la Cour des comptes, qui menait une enquête approfondie sur Areva, a décidé de faire un signalement auprès du parquet national financier, le 20 février, dans le cadre de l’article 40 du code de procédure pénale. Une enquête a été ouverte par la brigade financière. Elle vise la « présentation ou publication de comptes inexacts ou infidèles », la « diffusion d’informations fausses ou trompeuses », les « faux et usage de faux ».

Lors de ses investigations, la Cour des comptes se serait notamment interrogée sur les conditions d’achat d’UraMin et son prix exorbitant à l’été 2007. Elle se demande aussi pourquoi la direction d’Areva n’a inscrit la perte de cet achat que très tardivement dans ses comptes, début 2012, une fois qu’Anne Lauvergeon avait quitté la présidence du groupe. Elle est aujourd’hui conseillère sur l’innovation auprès du gouvernement et siège aux conseils d’Airbus, Rio Tinto, American Express, Vodafone. Elle a quitté fin février le conseil de surveillance de Libération.

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