Energies

BNP Paribas, leader de l’investissement dans le nucléaire

par Ivan du Roy

BNP-Paribas a investi 13,5 milliards d’euros dans l’industrie nucléaire, entre 2000 et 2009. C’est ce que révèle une étude menée par plusieurs ONG européennes, dont Les Amis de la Terre en France, et le réseau international Bank Track. « On savait jusqu’ici peu de choses de l’implication des banques dans le secteur nucléaire. Si les grandes banques internationales fournissent volontiers des chiffres sur leurs investissements annuels dans les énergies renouvelables, elles préfèrent garder le silence sur les milliards d’euros qu’elles investissent dans l’énergie nucléaire. » Les enquêteurs indépendants ont ainsi scruté les investissements, prêts et obligations de 100 groupes bancaires, dont vingt en France.

Parmi les cinq banques qui investissent le plus dans l’atome, figurent trois groupes français : BNP-Paribas, la Société générale (9,7 milliards) et le Crédit agricole (9,2 milliards) aux côtés de la britannique Barclays (11,5 milliards) et l’états-unienne Citigroup (11,4 milliards). Les principaux clients des banques françaises sont bien évidemment EDF et Areva, mais aussi l’allemand E.ON, le japonais Tepco ou le belge Electrabel. BNP-Paribas finance notamment la construction d’une centrale nucléaire en Bulgarie, sur un site exposé aux risques sismiques, et équipé d’un réacteur russe « pour lequel n’existe ni évaluation de sécurité indépendante, ni expérience opérationnelle », estiment les ONG. La Deutsche Bank s’est retirée du projet suite à une campagne citoyenne.

En plus des risques pour la sécurité, les ONG environnementales dénoncent le coût excessivement cher de l’énergie nucléaire. Ce sont autant de milliards d’euros qui ne seront pas destinés à des investissements dans les économies d’énergie (isolation de logements, transports collectifs…) et les énergies renouvelables. Les ONG pourront envoyer leur étude à l’écrivain Erik Orsenna et l’interpeller sur le sujet. Celui-ci va animer le « cercle du développement durable » que BNP-Paribas vient de créer, le 9 juillet. L’écrivain doit y approfondir « la réflexion sur la nécessité d’orienter une part croissante de l’épargne vers une économie plus responsable et durable. »