Source : Challenges

Sanctions

BNP Paribas rattrapée par ses transactions avec l’Iran

BNP Paribas a surpris tout le monde en annonçant des résultats annuels largement inférieurs aux attentes. En cause, une provision de plus d’un milliard de dollars pour régler les poursuites engagées par l’administration américaine contre la banque française, en raison de transactions avec des pays faisant l’objet de sanctions économiques. Selon Challenges, il s’agirait principalement de transactions réalisées avec l’Iran, probablement pour le compte d’autres entreprises françaises comme Peugeot. Une nouvelle qui tombe au moment même où une délégation de patrons français s’est rendue dans la précipitation en Iran, anticipant une éventuelle levée des sanctions américaines.

Comme le souligne Challenges, BNP Paribas écope d’une amende largement supérieure aux autres institutions financières poursuivies par l’administration américaine. L’article note également que si les transactions avaient été effectuées en euros, la banque aurait sans doute échappé à toute sanctions, « Paris et Bruxelles étant plus coulants sur ce sujet que Washington ». L’incertitude règne en ce qui concerne la nature exacte des faits reprochés à BNP Paribas :

Difficile d’en savoir plus sur ce dossier. Le PDG du groupe, Jean-Laurent Bonnafé se retranche derrière un "no comment" sans faille : les négociations avec le département de la justice américain sont en cours. Elles portent sur l’étendue des opérations que la banque a réalisé en dollars, entre 2002 et 2009, avec des pays placés sous embargo par les Etats-Unis. Une bonne partie de ces transactions concernent vraisemblablement l’Iran. BNP Paribas a pu y accompagner des entreprises françaises comme Peugeot, très actif sur place.

Les demandes américaines avaient été signalées par BNP Paribas dès 2010. Et depuis, la banque a du passer au peigne fin les échanges impliquant ces pays. L’exercice est désormais terminé, ce qui a conduit au calcul de cette provision. Son montant, qui dépasse le milliard de dollars, est bien plus important que les amendes déjà payés par d’autres établissements dans des dossiers similaires.

L’annonce intervient quelques jours à peine après une visite en Iran organisée par le Medef, à laquelle ont participé plusieurs dirigeants d’entreprises du CAC40. Anticipant une levée des sanctions américaines suite à l’accord sur le nucléaire, les patrons français espéraient se positionner pour reprendre pied rapidement sur le marché iranien. Total pour l’exploitation du pétrole et Renault et Peugeot pour l’automobile paraissaient les premiers concernés. Les noms d’Alstom, L’Oréal, Orange, Lafarge et GDF Suez sont également régulièrement cités, mais également des entreprises d’armement comme Safran. Ces entreprises se sont immédiatement attirées des réprimandes de l’administration américaine, qui a souligné que les sanctions sont encore en vigueur. Obama les a même menacées de leur « tomber dessus comme une tonne de briques ».

Lire l’intégralité de l’article sur le site de Challenges.

Olivier Petitjean

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Photo : Cyril Cavalié CC