Source : The Guardian

Pollution pétrolière

Des indigènes péruviens gagnent une bataille juridique contre une multinationale pétrolière

Le peuple Achuar d’Amazonie péruvienne a accepté un règlement à l’amiable des poursuites judiciaires qu’il avait intenté contre la firme pétrolière américaine Occidental Petroleum (Oxy). Les indigènes avaient déposé plainte aux États-Unis en 2007 suite à la grave pollution occasionnée par les activités d’Oxy sur leur territoire depuis les années 1970. Les termes précis de l’accord sont confidentiels, mais les représentants Achuar ont indiqué d’Oxy s’était engagée à contribuer aux fonds de développement communautaire qu’ils ont mis en place. Pour leurs avocats, il s’agit d’un précédent historique qui pourrait faire avancer d’autres procès similaires aux États-Unis.

Le Guardian revient sur de l’affaire :

Occidental Petroleum, basée à Los Angeles, a exploité du pétrole dans le bloc 1-AB du Pérou - l’une des plus importantes concessions pétrolières du pays - entre 1971 et 2000, période au cours de laquelle l’entreprise a rejeté environ 34 milliards de litres d’eaux usées non traitées, contenant des métaux lourds comme du cadmium, du plomb ou de l’arsenic dans les rivières et cours d’eau, sans se préoccuper des normes internationales, selon un rapport de l’ONG Amazon Watch. En 2006, une étude du ministère de la Santé péruvien dans sept communautés affectées a révélé que sur les 199 personnes testées, 2 seulement ne présentaient pas des niveaux de cadmium dans leur sang supérieurs aux seuils de toxicité.

Lire l’intégralité de l’article sur le site du Guardian (ainsi que le communiqué de presse des ONG américaines qui soutiennent les Achuar).

Malheureusement, les Achuar restent confrontés aujourd’hui encore à la criminalité environnementale des multinationales et aux impacts sanitaires de la pollution pétrolière. La compagnie Pluspetrol, qui a remplacé Oxy, est accusée des mêmes pratiques, et les indigènes ont récemment occupé plusieurs de ses sites d’extraction pour protester.

Il n’en reste pas moins que l’accord conclu avec Oxy constitue une première juridique qui pourrait avoir des répercussions significatives aux États-Unis :

C’est la première fois qu’une entreprise états-unienne est poursuivie aux États-Unis même pour la pollution qu’elle a occasionnée dans un pays tiers, souligne Marco Simons, directeur juridique de EarthRights International, l’ONG qui représentait les communautés Achuar. Cela crée un « précédent » qui pourrait se révéler « importante pour les procédures futures et qui a déjà été invoqué par d’autres juges aux États-Unis ».

Olivier Petitjean

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Photo : Feconaco via Amazon Watch