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Diplomatie

En Iran, le Louvre se fait à nouveau le VRP des multinationales françaises

par Olivier Petitjean

Une nouvelle fois, le Louvre se met au service de la diplomatie économique française et de l’industrie pétrolière, avec l’inauguration en Iran d’une exposition de prestige financée par Total et Renault.

Le Louvre a inauguré ce lundi 5 mars au musée national de Téhéran une grande exposition présentant une cinquantaine de pièces maîtresses issues de ses collections. C’est la première exposition de ce type organisée par un grand musée occidental en Iran. Le principe en avait été décidé il y a deux ans lors d’une visite en France du président Rohani, et l’objectif en est limpide : faire la promotion de l’Hexagone et de ses entreprises en Iran, sur fond de levée des sanctions économiques américaines.

Depuis la signature en 2015 de l’accord sur le nucléaire iranien, les milieux d’affaires français et européens voient l’Iran, et ses 80 millions d’habitants restés jusqu’ici à l’écart de la mondialisation, comme un nouvel eldorado économique. L’exposition du Louvre est d’ailleurs réalisée en partenariat avec la fondation Total et de Renault, deux des groupes français les plus directement intéressés par le marché iranien.

Total a signé en juillet 2017 avec le gouvernement iranien un accord pour exploiter le gisement gazier de South Pars, présenté comme « le plus grand au monde ». Ce projet est cependant sous la menace d’une possible remise en cause de l’accord nucléaire par Donald Trump. Pour protéger ses entreprises qui voudraient faire affaire en Iran des sanctions américaines, qui avaient coûté très cher à BNP Paribas il y a quelques années, le gouvernement français a d’ailleurs mis en place une ligne de financement publique d’un milliard et demi d’euros via Bpifrance.

C’est devenu une habitude pour le Louvre de se mettre au service de la diplomatie économique de la France et des intérêts de ses grandes entreprises, à commencer par Total. Comme nous l’expliquions dans notre enquête Le Louvre et les grands musées sont-ils sous l’influence de l’industrie pétrolière ?, l’entreprise pétrolière française a notamment financé via sa fondation de nombreuses expositions de prestige alignées sur ses intérêts économiques et sur ceux du gouvernement français, comme celle sur l’art russe en 2010 ou celle en partenariat avec l’Arabie saoudite quelques mois plus tard. Des pratiques de plus en plus dénoncées, parce qu’elles pervertissent le rôle culturel qui devrait être celui d’une grand musée comme le Louvre, qui plus est en le mettant au service de ’industrie pétrolière, première responsable de la crise climatique.

Olivier Petitjean

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Photo : Wally Gobetz CC via flickr

Multinationales concernées

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