Source : Novethic

Inégalités

États-Unis : les rémunérations vertigineuses des patrons en lumière

204 : c’est l’écart moyen entre la rémunération des patrons des grandes entreprises américaines et le salaire de leurs employés. Dans certaines firmes, cet écart dépasse un rapport de 1 à 1000. L’administration américaine vient d’introduire de nouvelles obligations de transparence à ce sujet : à partir de 2017, les entreprises devront révéler dans leur rapport annuel le ratio entre le salaire des dirigeants et le revenu médian de leurs employés.

Novethic présente les résultats d’une étude réalisée par le Glassdoor Economic Institute sur la rémunération des patrons américains et celle de leurs employés, ainsi que les récentes mesures introduites par le régulateur financier américain, la Securities & Exchanges Commission (SEC) :

De l’autre côté de l’Atlantique, le revenu moyen d’un dirigeant est de 13,8 millions de dollars par an, stock-options, primes et autres bonus inclus. Le revenu médian moyen des salariés des entreprises du S&P500 est quant à lui de 77 800 dollars par an. En moyenne donc, un patron américain gagne 204 fois plus que ses salariés. C’est le cas chez Dow Chemical, Pfizer, Whirlpool ou encore Goldman Sachs. (...)

À partir de 2017, la plupart des entreprises cotées devront publier dans leur rapport annuel le ratio entre la rémunération des PDG et le revenu médian de leurs employés. Pour calmer les critiques, la SEC a accordé une certaine "flexibilité" aux entreprises pour établir le ratio, en leur permettant par exemple de choisir la date de référence pour calculer le salaire médian de leurs salariés. Des aménagements insuffisants toutefois pour calmer le puissant lobby patronal de la Chambre de commerce américaine qui a qualifié cette règle de "faveur" accordée aux syndicats.

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La mesure s’inscrit dans le débat qui fait actuellement rage aux États-Unis sur les inégalités économiques et l’augmentation du salaire minimum. L’obligation d’inclure cette information dans le rapport annuel des entreprises cotées peut sembler une mesure minimale, mais cela signifie qu’elle pourra être mieux prise en compte par les investisseurs éthiques, voire dans les règles de passation de marchés publics, comme le souhaitent certains économistes et militants.

Il y a deux ans, l’Observatoire des multinationales avait réalisé un travail similaire, à partir des données disponibles, sur les écarts de rémunération au sein des entreprises du CAC40 (voir ici). Les écarts constatés sont moindres qu’aux États-Unis, mais restent importants.

Olivier Petitjean