Source : OpenDemocracy

Basses oeuvres

G4S, ou comment prospérer à l’ombre des États

par Olivier Petitjean

G4S, à l’origine simple société de surveillance, s’est spécialisée dans la sous-traitance au profit du gouvernement britannique pour toutes sortes de services publics. Des marchés publics qui lui assurent aujourd’hui plus d’un milliard de revenus par an.

Le magazine en ligne OpenDemocracy dresse un portrait à charge de Nick Buckles, ancien patron de G4S, lequel vient de prendre sa retraite, multimillionnaire, à 52 ans.

L’accumulation de marchés publics a permis à G4S de devenir la première firme de sécurité et de défense privée au monde, et à s’étendre sur de nouveaux créneaux - elle prend également en charge aujourd’hui une partie significative de la politique d’immigration britannique (gestion de centres de rétention, accompagnement des demandeurs d’asile...), gère des prisons (y compris des prisons d’enfants), des centres de santé publics, certains dispositifs d’aide sociale, ou encore des missions de police.

Ce n’est là que le dernier d’une longue série d’articles consacrés par OpenDemocracy au groupe britannique, qui emploie 627 000 personnes dans 125 pays. Il joue un rôle controversé sur plusieurs théâtres de guerre impliquant les armées britanniques et américaines, ainsi que dans les territoires occupés palestiniens et en Israël.

Autant d’activités qui lui ont valu en 2013 une nomination aux Public Eye Awards, le prix de la pire entreprise mondiale créé par la Déclaration de Berne et Greenpeace [1].

À noter que G4S est loin d’être la seule firme à s’être lancée sur le filon des marchés de service public au Royaume-Uni. Elle compte parmi ses concurrents plusieurs groupes français, dont Atos (et sa gestion très controversée de l’allocation handicap) et Sodexo (dans toutes sortes de domaines, y compris les prisons).