Source : Le Nouvel Observateur

Fracturation hydraulique

Gaz de schiste algérien : un futur terrain d’expérimentation pour les entreprises françaises ?

Le pouvoir algérien vient de décider unilatéralement, sans consultation, d’ouvrir la porte à l’exploitation du gaz de schiste dans le pays. Si les firmes américaines sont en première ligne pour développer ces ressources, des entreprises françaises sont également sur les rangs - notamment GDF Suez, qui exploite déjà du gaz conventionnel en Algérie. Ces entreprises pourraient être tentées d’expérimenter des techniques d’extraction à la fracturation hydraulique, interdite en France. Fin 2012, le Ministre des Affaires Étrangères Laurent Fabius avait d’ailleurs évoqué un accord (dont l’existence n’a jamais été confirmée) entre les deux pays pour la réalisation de telles expérimentations. La population algérienne craint l’impact environnemental et sanitaire de l’exploitation du gaz de schiste, dans des zones où les ressources en eau sont rares. La perspective de l’expérimentation de techniques "alternatives" par des firmes françaises n’est guère plus rassurante dans un pays où la mémoire des essais nucléaires français des années 1960 est encore vive.

Les Français ne veulent pas des gaz de schiste chez eux ? Qu’à cela ne tienne. Les expérimentations pourraient être menées en Algérie. Des groupes français seraient en effet en mesure de réaliser très prochainement des recherches sur le territoire algérien concernant les méthodes d’exploitation du fameux gaz. Avec pour objectif de trouver des alternatives "propres" à la technique de la fracturation hydraulique, cette injection d’eau et de solvants sous très haute pression accusée de détruire l’environnement et de vider les nappes phréatique.

Laurent Fabius, qui s’était dit partisan (avant Ségolène Royal) de ne pas fermer totalement la porte à cette ressource énergétique, avait révélé la signature imminente d’un partenariat fin 2012. Or le président algérien Abdelaziz Bouteflika vient d’accorder, mercredi 21 mai, son feu vert à l’exploitation des gaz et huile de schiste dans son pays, le Conseil des ministres donnant son accord "pour le lancement des procédures requises en direction des partenaires étrangers." Le tout sans consultation du Parlement algérien ni débat public.

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Cet article s’appuie notamment sur un autre article de Jacqueline Balvet, d’Attac France, publié par le site Maghreb émergent : Gaz de schiste en Algérie : après les essais nucléaires, le traumatisme de la fracturation hydraulique.

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Photo : Adam @ flickr CC