Source : Mediapart

Gabon

Gros plan sur les relations d’affaires entre la famille Bongo et plusieurs grands noms du CAC40

Les présidents Omar Bongo et son fils et successeur Ali Bongo se sont accaparé des pans entiers de l’économie gabonaise pour leur profit personnel et celui de leurs proches. Mediapart révèle plusieurs documents mettant en lumière l’ampleur des participations de Delta Synergie, la holding de la famille Bongo, dans tous les secteurs de la vie économique nationale, et en particulier dans certaines filiales locales des multinationales françaises. Sont notamment concernés les groupes Bolloré, Bouygues, Eramet, Veolia et BNP Paribas.

Il s’agit de l’un des secrets les mieux gardés du Gabon. Il se nomme Delta Synergie, du nom d’une holding financière détenue par une partie de la famille régnante, les Bongo. Mediapart a pu avoir accès à des documents confidentiels portant sur l’actionnariat secret de la société et l’ensemble de ses prises de participation – le plus souvent dissimulées. Ces documents révèlent un système de prédation probablement inégalé dans l’histoire de la Françafrique. Grâce à lui, une poignée de membres du clan au pouvoir, au premier rang desquels l’actuel président gabonais Ali Bongo, tire des bénéfices personnels de toute l’activité économique du pays. (...)

Pas un secteur de l’économie gabonaise n’est épargné par le système Delta Synergie : assurances, banques, agroalimentaire, sécurité, transport, médicament, BTP, agriculture, matières premières, immobilier, aviation d’affaires, textile, média, vente de gaz et de pétrole, bois… Au moins quatre multinationales françaises présentes au Gabon – Bolloré, Bouygues, Eramet et la BNP – sont citées dans les documents en notre possession. Au total, ce sont 35 sociétés majeures de l’économie gabonaise au capital desquelles Delta Synergie est partie prenante, à des degrés divers.

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Comme le précise un autre article de Mediapart, le clan Bongo est également actionnaire de la filiale locale de Veolia, la SEEG, en charge de l’eau et de l’électricité dans tout le pays depuis 1997 grâce à Omar Bongo, décédé depuis. « Le vieux despote avait donc su trouver un intérêt tout personnel dans la privatisation en entrant au capital de la société. À la clé : 800 000 euros de dividendes. »

Et reste évidemment l’autre grande entreprise française présente au Gabon : Total, dont les relations avec le nouveau président Ali Bongo semblent compliquées (lire ici et ici).