Droit international

L’ONU interpelle les entreprises impliquées dans les colonies israéliennes illégales

par Olivier Petitjean

Le haut-commissaire aux droits de l’homme des Nations Unies, le Jordanien Zeid Ra’ad al-Hussein, a envoyé une lettre officielle à 150 entreprises pour les avertir qu’elles risquaient d’être incluses dans une nouvelle base de données listant les firmes impliquées dans les colonies israéliennes illégales.

L’année dernière, les Nations Unies votaient le principe de la constitution d’une base de données publique listant les entreprises impliquées dans les colonies israéliennes illégales dans les Territoires occupés. La mise en place effective de cet outil vient de franchir une nouvelle étape avec l’envoi par les services de l’ONU de plusieurs dizaines de lettres aux entreprises potentiellement concernées.

La base de données, qui n’implique pas de sanctions particulières pour les firmes au-delà d’une dénonciation symbolique, pourrait être rendue publique d’ici la fin de l’année. Revendiqué par les Palestiniens et leurs soutiens, ce projet a été combattu par Israël et les États-Unis, qui y voient une façon d’encourager les campagnes de boycott ciblant les colonies illégales.

Ces lettres, envoyées au nom du haut-commissaire aux droits de l’homme des Nations Unies, le Jordanien Zeid Ra’ad al-Hussein, font partie du processus légal en vue de la constitution de la base de données. Elles alertent les entreprises concernées sur leurs activités dans les territoires palestiniens occupés et leur implication dans des violations du droit international.

Des firmes françaises potentiellement concernées

Selon le quotidien israélien Haaretz, environ 150 lettres auraient été envoyées, dont la moitié ciblent des firmes israéliennes, une trentaine des firmes américaines, et le reste des multinationales d’autres pays. Les gouvernements des pays d’origine des entreprises auraient également été interpellés. Parmi les firmes américaines citées par les médias comme ayant reçu la lettre, Caterpillar, TripAdvisor ou encore Airbnb.

Côté français, Alstom et Veolia ont été mis en cause pour leur implication dans le projet de tramway reliant Jérusalem Ouest aux colonies israéliennes illégales à l’Est. Il y a deux ans, Orange a décidé de rompre ses liens avec un opérateur israélien en raison de son implication dans les colonies illégales - tout en clamant son attachement à Israël (lire notre article). Plus récemment, c’est le rôle des banques françaises et d’Axa dans le soutien aux colonies illégales qui a été mis en lumière (lire notre article). On ne sait pas si elles figurent parmi les destinataires de la lettre de l’ONU.

Olivier Petitjean

— 
Photo : Commission européenne CC