Source : Le Monde

Flamanville

L’avenir des réacteurs nucléaires EPR compromis par une anomalie « très sérieuse » de sécurité

L’Autorité de sécurité nucléaire confirme que la cuve du nouveau réacteur nucléaire EPR en cours de construction à Flamanville présente une anomalie « très sérieuse ». La mise en service prévue en 2016 pourrait bien ne jamais avoir lieu. Le problème concerne également les deux réacteurs EPR en cours de construction en Chine.

« Il faudra qu’on ait une conviction forte, une quasi certitude, une conviction absolue » sur la fiabilité de ce « composant crucial » avant de donner le feu vert à sa mise en service, a martelé le président de l’Autorité de sûreté nucléaire, Pierre-Franck Chevet. Ajoutant : « Je ne présage en aucune manière de la décision qui sera prise, compte tenu de l’importance de l’anomalie, que je qualifie de sérieuse, voire très sérieuse. »

Début avril, le gendarme du nucléaire a fait état de défauts sur cette pièce fabriquée par Creusot Forge, filiale d’Areva, dans son usine de Chalon/Saint-Marcel (Saône-et-Loire). Ces défauts, qui touchent à la fois le couvercle et le fond de la cuve du réacteur, conduisent à « des valeurs de résilience [capacité d’un matériau à résister à la propagation de fissures] plus faibles qu’attendu ». Un diagnostic particulièrement alarmant pour un équipement qui constitue de cœur de la chaudière nucléaire et qui doit pouvoir supporter de violents chocs thermiques sans faillir.

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Selon les écologistes et de nombreux experts, la cuve concernée, une fois posée, est irremplaçable, et si les défauts constatés se confirment, cela suffirait à remettre en cause la mise en service du réacteur de Flamanville, avec des conséquences en chaîne puisque la fermeture de Fessenheim est présentée par EDF comme conditionnée par la mise en service de Flamanville.

L’anomalie constatée à Flamanville concerne aussi les deux réacteurs EPR en cours de construction par EDF et China General Nuclear Power Corporation (CGN) à Taishan, en Chine (mais non le réacteur finlandais d’Olkiluoto). Il pourrait donc porter un nouveau coup, potentiellement fatal, à la viabilité économique et technique de ce réacteur de nouvelle génération conçu par Areva pour être exporté massivement dans les pays émergents, mais qui a déjà accumulé d’innombrables déboires.

Olivier Petitjean