Dividendes

La Cour des comptes dénonce la gestion court-termiste de l’État actionnaire

Dans son rapport sur le budget 2014 de l’État français, la Cour des comptes relève les sommes importantes versées en dividendes par les entreprises publiques ou semi-publiques, comme EDF et GDF Suez (Engie). Ces dividendes s’élèvent à 4,1 milliards d’euros, bien au-delà de ce qui était prévu initialement. En 2014 à nouveau, les entreprises dont l’État détient des parts tendent à verser davantage de dividendes que les autres, et en versent même lorsqu’elles accusent des pertes. Une nouvelle illustration des dérives de l’« État actionnaire ».

Voici les commentaires de la Cour des comptes :

Les dividendes versés par les entreprises non financières s’élèvent à 4,1 Md€ en 2014, en augmentation de près de 1 Md€ par rapport à la loi de finance initiale pour 2014 (3,1 Md€). Ces dividendes sont en légère diminution par rapport à 2013 (4,2 Md€).

Les dividendes des entreprises non financières proviennent principalement d’EDF (pour 2 Md€) et de GDF Suez (pour 1 Md€), et de manière plus marginale, d’Orange (0,2 Md€), de la SNCF (0,2 Md€) et de La Poste (0,1Md€). Les dividendes de ces cinq entreprises représentent 86 % des dividendes reçus par l’État en 2014. Aucun versement n’a été effectué par des entreprises non financières sous forme d’actions en 2014.

Plusieurs entreprises ont versé des dividendes en 2014 alors que leurs résultats de 2013 étaient négatifs : c’est notamment le cas de GDF Suez qui a enregistré une perte de -9,3 Md€ en 2013 du fait d’importantes dépréciations d’actifs résultant de la dégradation des perspectives de production électrique et de stockage de gaz en Europe.

Plus généralement, de nombreuses entreprises dont l’État est actionnaire (neuf entreprises sur douze des plus grandes entreprises suivies par l’Agence des participations de l’État) ont affiché en 2014 des taux de distribution des résultats plus élevés que la majorité des entreprises du CAC 40.

Le niveau élevé des taux de distribution soulève le risque pour l’État de privilégier un rendement à court terme de ses participations au détriment, potentiellement, des intérêts de long terme des entreprises et des siens.

Lire l’intégralité du rapport ici.

Ce constat rejoint celui qu’avait fait l’Observatoire des multinationales à propos des politiques de dividendes des entreprises françaises pour l’année 2012 (lire Dividendes : l’État français au piège de la financiarisation ?).