Source : Mediapart

Pantouflage

Les dessous de la nouvelle tentative de « putsch » contre le PDG de Veolia

Une nouvelle fois, la presse économique française fait état d’une tentative de « putsch » contre le Président directeur général de Veolia, Antoine Frérot. Selon Martine Orange, qui analyse ces événements pour Mediapart, c’est cette fois, non plus Henri Proglio (patron d’EDF et auparavant de Veolia), mais la famille Dassault, actionnaire à 6% de l’entreprise, qui veut pousser le PDG vers la sortie. Il s’agirait de faire remonter le cours de l’action grâce à une action musclée de restructuration et de réduction des effectifs. L’affaire illustre aussi la persistance en France d’une culture de connivence et de pantouflage entre dirigeants politiques et économiques : la personne envisagée pour remplacer Antoine Frérot n’est autre que David Azéma, haut fonctionnaire et président de l’Agence des participations de l’État.

Le fait qu’un haut fonctionnaire navigue entre public et privé ne semble poser de problème à personne : le pantouflage fait désormais partie des usages bien établis de notre oligarchie républicaine. La commission de déontologie, selon les défenseurs de sa candidature, ne devrait mettre aucune objection à ce départ de Veolia. David Azéma n’a jamais eu à traiter un dossier concernant l’entreprise privée.

Pourtant, en dépit des assurances des uns et des autres, la situation est un peu plus complexe. David Azéma siège au conseil d’administration d’EDF en tant que représentant de l’État. À ce titre, il a eu à se prononcer sur le partage de Dalkia, la société commune entre EDF et Veolia dans la gestion de l’énergie. À l’issue de négociations compliquées, les deux groupes ont entériné leur divorce : EDF a récupéré les activités de la société en France, Veolia celles à l’international. De même, difficile de croire qu’il ait été complètement exclu des dossiers de la SNCM (transports maritimes entre la Corse et le continent), dont Veolia est actionnaire ou de Transdev, la filiale commune de transports entre le groupe privé et la Caisse des dépôts. Sans parler de la gestion des participations conjointes entre l’État et la famille Dassault dans l’industrie de défense.

Mais tout cela n’est que broutilles, à entendre les uns et les autres. Il n’y a que les suspicieux qui voient des conflits d’intérêts partout.

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