Source : Le Monde

Inégalités

Les manifestations anti-Google et le mythe de la Silicon Valley

San Francisco a connu ces dernières semaines un vaste mouvement social dirigé contre les entreprises de technologie implantées dans l’agglomération, comme Google, Apple et autres. Première cible des manifestants : les bus privés opérés par ces firmes sur le réseau public, pour le bénéfice exclusif de leurs employés. Mais au-delà même de la dénonciation de la privatisation, de la montée des inégalités et la gentrification de San Francisco, les manifestations anti-Google témoignent aussi d’un rejet croissant du mythe de la Silicon Valley et de son idéologie. Hubert Guillaud, pour le blog Internet Actu, passe en revue ce qui s’est récemment écrit sur le web à propos de ce mouvement.

Comme le dit très bien Packer : « Quand les financiers affirment qu’ils font le travail de Dieu en fournissant un crédit bon marché, et que les pétroliers se disent des patriotes qui permettent l’indépendance énergétique du pays, personne ne les prend au sérieux : c’est une chose acquise que leur motivation est avant tout le profit. Mais quand les entrepreneurs de la technologie décrivent leurs nobles objectifs il n’y a aucun sourire ou clin d’œil amusé. » Pour l’instant. Ce qui arrive aux bus de Google montre bien combien, contrairement aux rêves de ceux qui prétendent changer le monde, la Vallée n’a pas renversé les inégalités. Au contraire. Elle les a renforcées. Sous couvert de technologie et de mérite, d’"innovation", elle a favorisé les intérêts de certains au détriment de ceux de la société. Comme le dit Evgeny Morozov (toujours lui), « lorsque l’Internet est partout, la politique n’est nulle part ». « Ce qui est à l’œuvre, ce n’est pas une révolution technologique, mais les effets d’une politique néolibérale », explique-t-il encore avec raison.

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