Source : The Guardian

Exploitation

Les mineurs sud-africains atteints de silicose lancent une « class action » géante pour obtenir justice

En Afrique du Sud, des milliers de mineurs ou de familles de mineurs atteints de silicose ont été autorisés à lancer une gigantesque actions de groupe contre trente compagnies minières. Le montant potentiel des réparations en jeu se chiffre en milliards, à la hauteur du drame humain qu’a représenté l’exploitation des ouvriers noirs dans les mines sud-africaines, sous l’apartheid et jusqu’à aujourd’hui.

Dwadube souffre de silicose, une affection des poumons causée par l’inhalation de fines poussières dans les mines souterraines. Il n’est pas le seul. Jusqu’à 500 000 anciens mineurs en Afrique du sud et dans les pays voisins souffriraient de cette maladie incurable du travail.

Une décision de justice historique, le mois dernier, a donné un nouvel espoir aux hommes comme Dwadube. Un juge sud-africain a estimé qu’un groupe d’avocats spécialisés dans la défense des droits de l’homme pouvaient lancer une « action de groupe » sans précédent, laquelle, si elle aboutissait, forcerait plus de trente compagnies minières à verser des réparations à tous ceux qu’ils ont employé depuis 1965 ayant contracté une silicose.

Victoire majeure obtenue par les militants : l’action de groupe inclura aussi le paiement de dédommagements aux parents d’anciens mineurs affectés par la maladie et déjà décédés. La somme totale pourrait se chiffrer en milliards.

Lire l’intégralité de l’article sur le site du Guardian (en anglais).

L’article rappelle que les risques de la silicose ainsi que les solutions (masques et aération des mines) étaient connus depuis le début du XXe siècle, mais que rien n’a été fait. La fortune de l’Afrique du sud s’est largement construite sur l’industrie minière et le régime de l’apartheid lui a fourni, des années durant, une vaste main d’œuvre noire, bon marché et exploitée.

OP

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Photo : Wikimedia commons