Source : The Times

Pétrole

Les partenaires opaques de Total au Congo-Brazzaville

Total vient de signer avec le gouvernement du Congo-Brazzaville un accord de renouvellement de trois concessions pétrolières offshore, représentant une production de plusieurs centaines de millions de barils de pétrole brut. Pour obtenir ce renouvellement, l’entreprise pétrolière française a dû céder une partie de ses parts à des entreprises « locales ». Mais celles-ci sont totalement opaques et paraissent étroitement liées aux cercles du pouvoir congolais.

C’est le site du Times qui explique le contexte dans lequel Total a obtenu le renouvellement de ses concessions au Congo-Brazzaville, un pays présidé depuis 1979 par Denis Sassou Nguesso et qui figure parmi les plus corrompus au monde selon l’ONG Transparency International.

On sait peu de choses des trois entreprises privées qui détiennent ensemble une participation de 25% dans les trois champs pétroliers offshore de Total, dont la production s’élève à 20 000 barils par jour. L’une d’elles est l’Africa Oil and Gas Company (AOGC), fondée par Denis Gokana, président de la compagnie pétrolière nationale congolaise et proche de M. Sassou Nguesso. (...) AOGC a été dénoncée comme une entreprise « fictive » contrôlée par M. Gokana dans un jugement de la Haute Cour de Londres en 2005.

Une autre des trois entreprises locales à avoir acquis des participations dans les gisements de pétrole est Kontinent Congo. C’est une filiale locale de Kontinent LLC, une entreprise enregistrée aux États-Unis par Yaya Moussa, un ancien dirigeant camerounais du Fonds monétaire international, qui a forgé des relations avec le gouvernement de M. Sassou Nguesso durant l’une de ses affectations à Brazzaville.

Un porte-parole de Total a refusé de nommer les propriétaires ultimes de ses nouveaux partenaires, qui, selon elle, ont été choisis par le gouvernement congolais.

L’entreprise pétrolière française déclare au quotidien britannique avoir effectué tous les efforts nécessaires de diligence raisonnable pour s’assurer que l’opération pouvait avoir lieu.

L’article original du Times est à lire ici. Une traduction française est disponible ici.