Big Data agricole

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par Sophie Chapelle

La firme Monsanto, connue pour commercialiser ses semences OGM, se lance dans le service météo et l’assurance sécheresse. Le numéro un mondial de l’agrochimie a annoncé le 2 octobre l’acquisition du bureau d’études américain The Climate Corporation pour environ 930 millions de dollars (690 millions d’euros).

Fondée en 2006 par d’anciens salariés de Google, l’entreprise Climate Corporation recueille et croise « des données météorologiques locales très pointues », réalise « des simulations climatiques à très haute résolution », le tout servant à modéliser des données agronomiques (pluviométrie, ensoleillement, température, etc). Spécialisée dans la gestion des risques agricoles, Climate Corporation peut ainsi, à partir de ses données et modèles météo, proposer ses prévisions pour l’avenir des récoltes. Bref, du big data version agricole

Avec cette acquisition, Monsanto ambitionne de fournir aux agriculteurs davantage d’informations sur les conditions météorologiques pour qu’ils puissent optimiser leurs récoltes. Le marché des données météo agricoles est estimé à 20 milliards de dollars (15 milliards d’euros). Monsanto y est en concurrence avec un autre géant américain, DuPont Pioneer. Avec sa plate-forme, Pioneer Field360, accessible par abonnement, celui-ci combine données météo, cartes interactives et outils pour suivre les évolutions. « La fourniture de données représente la prochaine grande avancée dans le domaine de l’agriculture », assure Monsanto. Qui entend compléter son offre de services aux agriculteurs, rassemblée dans l’unité Integrated Farming System Business, en croisant analyses des sols, et données historiques sur les précipitations.

L’autre volet de Climate Corporation est l’assurance. En achetant la société, Monsanto se paie aussi « Total Weather Insurance », qui propose des polices d’assurance spécialisées pour les agriculteurs affectés par une sécheresse ou une inondation. Les deux activités sont étroitement liées : en fournissant aux exploitants agricoles les informations dont ils ont besoin, ceux-ci pourront choisir l’assurance qui couvre le mieux leurs cultures en cas d’intempéries... et acheter à Monsanto ses semences OGM ou de synthèse qui sont censées s’adapter le mieux aux conditions climatiques locales. Et la société est sur les rangs pour développer des plantes OGM rejetant moins d’azote dans l’atmosphère, qui pourraient bénéficier à terme de financements estampillés « climat ».

Sophie Chapelle