Qui sont les vrais ennemis des paysans ?

Prix Pinocchio : les citoyens appelés à désigner la pire multinationale de l’agrobusiness

La 9e édition des Prix Pinocchio, qui « récompense » des multinationales aux pratiques anti-écologiques, s’ouvre ce 15 janvier. Les entreprises nominées font partie, cette année, du secteur de l’agrobusiness. Le public a jusqu’au 19 février pour désigner la pire d’entre elles. Comme pour les éditions précédentes, l’Observatoire des multinationales est partenaire de l’initiative.

Les Prix Pinocchio sont de retour ! Cette année, l’agrobusiness est dans le viseur des Amis de la Terre et de la Confédération paysanne, organisateurs de l’événement. Trois entreprises représentatives du greenwashing et des abus du secteur sont nominées. En pleine réforme de la Politique Agricole Commune (PAC), qui pousse aujourd’hui à l’industrialisation du système agricole et à la concentration de la production, ces Prix Pinocchio sur l’agriculture permettront de rappeler l’importance pour les paysans et les citoyens de la reprise en main de leur modèle agricole et alimentaire afin d’engager une transition qui réponde aux enjeux de climat, d’emploi, de bien-être animal, de biodiversité, de protection des écosystèmes et de dynamique territoriale.

Sur la base d’études de cas documentées, les trois entreprises choisies ont été retenues pour le décalage entre leur vitrine promotionnelle et la réalité de leurs agissements (pressions sur les productrices et producteurs, activités climaticides, pollutions…).

Yara, nominée dans la catégorie « Les engrais chimiques, c’est magique », se voit ainsi pointée du doigt pour sa promotion d’une « agriculture intelligente face au climat » tandis que sa production d’engrais chimiques provoque en réalités de graves dommages sur le climat, la santé, l’air et l’eau, et fragilise l’autonomie des paysans.

Lactalis, nominée dans la catégorie « Se faire du blé avec les produits laitiers », n’hésite pas, quant à elle, à mettre en avant ses marques dans des publicités idylliques tout en foulant les droits des travailleur.euse.s du secteur, en s’accaparant la valeur de leur travail et en multipliant les scandales sanitaires et environnementaux.

Enfin, Bigard, pour la catégorie « La face cachée de ton steak », cherche à maximiser sa compétitivité en concentrant l’abattage, en incitant à un élevage industriel intensif et en menant la guerre aux prix bas, au détriment de ses salariés et des éleveurs du secteur.

Le public a ainsi jusqu’au 19 février pour départager les trois nominées et désigner la pire d’entre elle en matière de greenwashing. La gagnante sera annoncée lors d’une cérémonie de remise de prix d’un format inédit.

Les votes se font sur : www.prix-pinocchio.org #PrixPinocchio

À (re)lire :

Soutenir l’Observatoire !

Parce que le débat démocratique mérite mieux que la com’ du CAC 40, nous enquêtons.

Soutenez l’indépendance de l’Observatoire en faisant un don.