Transparence

Quand Dassault critique le manque de rigueur de Transparence International...

par Olivier Petitjean

Et si les classements et autres rankings décernés aux entreprises par les ONG, loin de permettre de mesurer leur performance réelle en termes de transparence et d’éthique, ne faisaient qu’obscurcir les termes du débat ? Une étude récente de Transparence International sur la transparence dans le secteur de l’armement est aujourd’hui accusée par les industriels mêmes d’être allé trop loin dans la confusion entre la réalité et les faits.

Il y a quelques jours, l’ONG Transparence International publiait un rapport sur la performance des grands groupes industriels de la défense et de l’armement en matière de transparence et de lutte contre la corruption (en anglais).

Un rapport largement repris dans la presse et dont certains groupes paraissaient plutôt bien se tirer, bien tandis que d’autres se retrouvaient sur le banc des accusés. Notamment, pour ce qui concerne la France, Dassault, DCNS (une entreprise détenue à deux tiers par l’État français !) ou Zodiac, tous crédités des deux notes les plus basses, E et F (tandis que Thales se voyait accorder un B).

Las, Dassault et les autres groupes mis à l’index ne l’ont pas entendu de cette oreille et ont eu beau jeu de souligner les limites de la méthodologie du rapport de Transparence International.

Comme souvent dans les rapports qu’elle produit, cette ONG se contente, de son propre aveu, de noter le degré de transparence et de reporting des documents officiels produits par les entreprises, sans pouvoir se préoccuper - ce qui serait d’ailleurs plus ou moins impossible au vu de l’opacité des entreprises - de la réalité des faits couverts par ces documents.

À la limite, le rapport de Transparence International porte sur la qualité de la communication des groupes du secteur de la défense, davantage que sur la réalité des pratiques de corruption. Ce qui explique que des firmes comme BAE Systems ou EADS, qui ont pourtant fait l’objet de poursuites judiciaires dans des affaires de corruption, se retrouvent en bonne place du classement (B et C respectivement).

Faut-il en conclure que Dassault aurait eu avoir aussi un B, ou bien que tous les ’bons élèves’ identifiés par Transparence International méritaient eux aussi, eu égard à la réalité des faits, un E ou un F ?

Olivier Petitjean