Source : Mediapart

Autoentreprises

Rémunérations : les petits extras cachés des grands patrons français

Le niveau extrêmement élevé des rémunérations des grands patrons ne cessent d’alimenter la polémique, en raison de leur disproportion manifeste avec le sort réservé aux salariés et de leur déconnexion de toute réalité économique objective. Une enquête de Yann Philippin pour Mediapart montre qu’en plus de leur rémunération officielle, certains grands patrons s’offrent un petit bonus caché à travers les honoraires de « consultance » qu’ils facturent à leur propre groupe.

Chacun sait que Bernard Arnault, première fortune de France, contrôle et dirige le géant du luxe LVMH, ses robes Dior et ses sacs Vuitton. Ce que très peu de gens savent, c’est que Bernard Arnault exerce, à ses heures perdues, le métier de consultant. Ou plutôt de consultant en chef. Sa holding familiale, Groupe Arnault, qui contrôle 46 % de LVMH, a facturé l’an dernier la bagatelle de 9,3 millions d’euros de prestations… au même groupe LVMH !

Pas besoin d’avoir fait Polytechnique pour comprendre qu’on nage en plein conflit d’intérêts : Bernard Arnault fait, à titre personnel, des affaires avec sa société, grâce à un contrat qu’il négocie en quelque sorte avec lui-même.

Alors que la saison des assemblées générales bat son plein, Mediapart a enquêté sur cette pratique méconnue, de plus en plus contestée par les actionnaires. « Ces conventions de conseil servent avant tout à aspirer de l’argent au profit des dirigeants », estime Pierre-Henri Leroy, président du cabinet de conseil aux actionnaires Proxinvest. Même les déontologues patronaux commencent à tiquer.

Lire l’intégralité de l’enquête sur le site de Mediapart (abonnement).

La pratique pose problème non seulement parce qu’elle permet aux patrons de s’octroyer parfois ainsi des rémunérations supplémentaires sans véritable contrôle, et parce qu’elle illustre l’opacité qui règne souvent dans les relations entre des holdings familiales et les groupes qu’elles contrôlent. Bernard Arnault et LVMH ne sont en effet pas les seuls concernés, comme le montrent les données rassemblées par Mediapart :

Lire aussi l’article complémentaire de Yann Philippin sur le cas du fils de Bernard Arnault, Antoine.