Source : Reuters

Services publics

Manifestations massives contre Veolia à Tanger et dans le nord du Maroc

par Olivier Petitjean

La question du prix de l’eau et de la privatisation est en train de provoquer une révolte civique dans un pays largement épargné par la vague des « printemps arabes ». Depuis plusieurs semaines, les habitants de Tanger sont en révolte ouverte contre Veolia, qui gère le service de l’eau et de l’électricité de la ville. Le mouvement - désigné sous le nom de « révolte des bougies » - a gagné d’autres villes du nord du Maroc.

Les manifestations ont commencé à Tanger il y a environ deux semaines, en protestation contre la hausse continue des prix de l’eau, de l’assainissement et de l’électricité pratiqués par Veolia et sa filiale Amendis. Un journaliste de Reuters témoigne de la dernière manifestation, le samedi 31 octobre, qui a à nouveau réuni des dizaines de milliers de manifestants :

« Amendis rentre chez toi, Tanger n’est pas à toi », scandaient des milliers de manifestants dans le centre de la ville, où des douzaines de cortèges émanant de différents quartiers ont convergé. Un témoin de Reuters a pu constater que les autorités avaient déployé des centaines de policiers anti-émeute et fermé certaines rues.

De nombreux cafés et magasins de la ville avaient éteint leur lumière et allumé des bougies en signe de soutien à la manifestation.

« Assez, c’est assez. Cela fait des années que nous manifestons contre cette entreprise », a déclaré Mohamed Tadlaoui, l’un des organisateurs de la manifestation. « Il est temps qu’ils s’en aillent et qu’une entreprise publique prenne le relais. »

Lire l’intégralité de l’article (en anglais) sur le site de Reuters.

Le mouvement est appelé « révolte des bougies » parce que sa première manifestation a été un appel à éteindre les lumières en protestation contre le prix de l’électricité.

Veolia gère depuis 2002 les services publics de l’eau, de l’assainissement et de l’électricité dans l’agglomération de Tanger-Tétouan, via sa filiale Amendis. Elle est également présente, pour les mêmes services, dans l’agglomération de Rabat-Salé, à travers une autre filiale appelée Redal.

Il y a un an, les autorités locales de ces communes avaient bloqué une tentative de Veolia de revendre ses contrats à un fonds d’investissement britannique, et elles avaient pris la décision de principe de remunicipaliser ces services (lire notre article). Depuis lors, le dossier s’était enlisé, et Veolia avait pu garder ses contrats [1].

Olivier Petitjean