Source : Orient XXI

Armement

Vente du Rafale à l’Égypte : un marché douteux sur le plan politique, mais aussi sur le plan économique

Le gouvernement français a fait grand bruit de la première vente de chasseurs Rafale à un pays étranger, en l’occurrence l’Égypte du président Al-Sissi. Ce pays en proie à la répression est-il réellement le modèle de stabilité politique vanté par les autorités françaises ? Outre ces questionnements éthiques et politiques, il y a aussi lieu de s’interroger sur le sens économique d’une transaction financée via les banques françaises et la Coface, agence de crédit à l’exportation, qui risque de ne pas même créer d’emplois en France.

Le contrat qui devrait être signé lundi 16 février au Caire entérine la normalisation des relations entre la France et l’Égypte. Evalué à 5,3 milliards d’euros, il comprend la vente et la livraison de 24 avions de combat Rafale (Dassault), de deux frégates Gowind et d’une frégate Fremm (Groupe DCNS – État et Thalès), ainsi que d’un lot de missiles de défense anti-aérienne MBDA (Groupe Airbus). (...) Le Caire n’a pas les moyens de payer cette commande, alors l’État français accepte de garantir par le biais de la Compagnie française d’assurance pour le commerce extérieur (Coface) la moitié de la commande (près de 3 milliards d’euros). Des banques françaises (Crédit agricole, BNP Paribas, Société générale) accorderont un crédit au client pour couvrir le reste.

Cette vente, censée en déclencher d’autres, n’est par conséquent pas le succès économique annoncé. En terme d’emplois, DCNS annonce un transfert de compétences pour certains chantiers : aucun emploi ne sera créé en France. Le programme du Rafale, soutenu par l’État et donc le contribuable1 est un échec industriel qui coûte déjà très cher aux Français qui, indirectement, paient cette commande de l’Égypte.

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