Déprivatisation

remunicipalisation.org : partout dans le monde, des villes reprennent le contrôle de leur eau

De Paris à Jakarta, de Buenos Aires à Accra, d’Atlanta à Berlin, on ne compte plus les villes du monde qui ont choisi de dénouer leur liens avec les multinationales de l’eau et reprendre le contrôle de ce service public essentiel. Le site remunicipalisation.org a pour objectif de mettre en lumière ces innombrables exemples de « remunicipalisation » de l’eau. Une nouvelle version du site, avec des études de cas inédites sur la France, l’Inde ou encore la Bulgarie, vient d’être mise en ligne.

Au cours des quelques années qui viennent de s’écouler, des douzaines de municipalités françaises - à commencer par la capitale, Paris - ont décidé de reprendre le contrôle du service de l’eau, auparavant délégué à Veolia, Suez ou d’autres prestataires privés. Montpellier et Troyes figurent parmi les derniers exemples en date. Un mouvement de fond qui traduit le souhait des élus et des citoyens de mettre fin aux profits confortables engrangés par les opérateurs privés et de renforcer le service public de l’eau.

Les villes françaises sont loin d’être les seules à s’être engagées dans cette voie. De nombreuses communes allemandes, dont Berlin, ont remunicipalisé leur eau, mais aussi leur fourniture d’énergie et d’autres services publics.

Ailleurs dans le monde, là où les multinationales de l’eau et leurs alliés ont tenté d’exporter le modèle de la gestion privée, elles se retrouvées empêtrées dans des conflits, des scandales et des difficultés sans nombre, avec pour conséquence une série de remunicipalisations (ou renationalisations) en Argentine (Buenos Aires), en Bolivie (La Paz, Cochabamba), aux États-Unis (Atlanta), au Ghana, en Tanzanie (Dar es Salaam) et ailleurs.

C’est ce qu’illustre la nouvelle version du site remunicipalisation.org. Celui-ci avait été lancé initialement il y a quelques années pour répertorier et documenter les divers exemples de remunicipalisations dans le monde. Depuis, le mouvement n’a fait que prendre de l’ampleur.

La nouvelle mouture du site inclut des mises à jour et de nouvelles études de cas, dont certaines (notamment les deux articles sur la privatisation de l’eau en Inde, à Nagpur et Latur) se basent sur le travail d’investigation de l’Observatoire des multinationales. De nouveaux articles inédits seront publiés dans les semaines à venir.

remunicipalisation.org inclut à la fois des remunicipalisations « officialisées » ou en cours, et des luttes emblématiques contre la privatisation de l’eau.

Au vu de leur empreinte sur le marché mondial de l’eau, on ne s’étonnera pas de retrouver régulièrement les deux géants français du secteur, Veolia et Suez environnement, en première ligne des critiques.

Le site remunicipalisation.org est un projet du Transnational Institute et du Corporate Europe Observatory.

Olivier Petitjean

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Photo : Denis Bocquet CC