Palantir veut bâillonner les médias. L’entreprise américaine Palantir attire de plus en plus l’attention du fait de son rôle actif dans la politique trumpiste et notamment dans l’action de la police anti-migrants ICE. Mais elle n’aime visiblement pas trop qu’on se penche sur ses affaires. Elle a en effet initié un procès-bâillon contre le média suisse Republik, qui a enquêté (en partenariat avec nos partenaires de WAV) sur ses activités dans le pays et sur son lobbying auprès des autorités helvétiques. L’occasion de rappeler que Palantir a aussi des contrats avec les autorités françaises – notamment la DGSI – et avec de nombreuses grandes entreprises du CAC40.
Bananes toxiques. Le 10 décembre dernier, les ONG Transparency International, ActionAid France et Intérêt à agir ont adressé une mise en demeure dans le cadre de la loi sur le devoir de vigilance à la Compagnie fruitière. En cause : les conditions de travail et les salaires de misère des travailleurs dans ses plantations au Cameroun, des allégations de corruption, ainsi que l’épandage massif de produits chimiques interdits en Europe. Basée à Marseille, la Compagnie fruitière est l’un des principaux producteurs de bananes en Afrique, dont la plus grande partie est exportée vers l’Europe et notamment la France. Lire l’enquête récemment publiée par Mediapart ainsi que les informations rassemblées par les ONG ici.
Une entreprise française très poutinophile. Le magazine « Sources » d’Arte révèle comment les filiales russes d’une entreprise française d’agroalimentaire, Sucden, ont multiplié les initiatives de soutien à l’armée russe en Ukraine depuis les débuts de l’invasion, en collectant des fonds et en fournissant des véhicules ou des filets de camouflage. La Russie est le principal pôle de production de Sucden, société spécialisée dans le négoce du sucre et d’autres denrées alimentaire, fondée et dirigée par Serge Varsano. Lequel s’est adjoint depuis 2022 les services de... Nicolas Sarkozy.
Comment la droite européenne s’est soumise à Trump. Une enquête menée par l’ONG Bloom et publiée en partenariat avec des médias allemand et suédois lève un petit peu plus le voile sur l’offensive de lobbying qui a conduit au démantèlement de la directive européenne sur le devoir de vigilance des multinationales par une alliance inédite entre droite et extrême droite (lire notre article). Elle pointe le rôle de certains cadres de la droite européenne, dont le suédois Jörgen Warborn. Celui-ci a multiplié les contacts et les rendez-vous avec des acteurs publics et privés étatsuniens, agissant à la fois en tant que rapporteur de la directive au Parlement européen et en tant que président de deux lobbys, SME Europe et SME Global. Censés défendre les intérêts des petites entreprises ils sont en réalité une création de l’International Democracy Union (IDU), regroupement de partis de droite de plus en plus ouvert aux courants extrêmes. À lire ici.
