Chiffres

Les « pantoufleurs » ne font en majorité que passer de l’autre côté de la table

Publié le 4 juin 2025

Chez ceux et celles qui minimisent l’importance des portes tournantes, on entend fréquemment l’argument selon lesquelles ces mobilités entre secteur public et secteur privé seraient non seulement normales, mais même utiles. En effet, elles apporteraient aux anciens et futurs responsables publics une expérience du monde de l’entreprise, présenté comme la quintessence de la « vraie vie ».

En réalité, les portes tournantes concernent quasi exclusivement des postes de direction ou de cadre supérieur, qui ne sont pas véritablement représentatifs de la réalité de la population française. On peut même se demander si l’augmentation de la mobilité des élites entre secteur public et secteur privé n’est pas un phénomène parallèle à la réduction de la place des classes populaires dans les hautes sphères de la décision publique. L’Assemblée nationale élue en 2017 sous la bannière de « l’ouverture à la société civile » de la majorité présidentielle d’Emmanuel Macron ne comptait notoirement aucun ouvrier dans ses rangs (comme en 2017) – une proportion qui a à nouveau augmenté en 2022 avec le retour de logiques partidaires traditionnelles.

Surtout, la plupart des responsables publics qui partent dans le privé se reconvertissent dans des postes de conseil ou de chargé des affaires publiques au sein d’entreprises, d’associations professionnelles ou bien directement de cabinets de lobbying – quand ils ne les créent pas eux-mêmes1. Autrement dit, il restent dans la même sphère qu’avant, mais simplement de l’autre côté de la barrière public-privé. Loin de refléter une conversion à « l’entrepreneuriat », ces reconversions sont plutôt le symptôme de la profonde symbiose entre une partie du monde des affaires et la puissance publique.

Extrait de notre rapport « Portes tournantes » : comment la circulation des élites entre secteurs public et privé dénature notre démocratie

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