20.02.2015 • Blanchiment

Bien mal acquis : le rôle des banques françaises en question

Suite à la plainte de plusieurs associations, la justice française mène actuellement l’enquête sur l’affaire des « bien mal acquis », les richesses considérables abritées en France par plusieurs dignitaires africains du Congo-Brazzaville, du Gabon ou de Guinée-Équatoriale. Les enquêteurs ont notamment mis en lumière le rôle joué par les banques françaises dans les circuits financiers qui ont permis de mettre à l’abri cet argent issu de la corruption et du détournement de fonds publics.

Publié le 20 février 2015

Mediapart rend compte des derniers développements de l’enquête, qui met en lumière le rôle de la Société générale en ce qui concerne la Guinée équatoriale et la dynastie Obiang :

Dans une investigation financière d’une telle ampleur, savoir à quoi sert l’argent est une chose. Comprendre d’où il vient et, surtout, par où il passe en est une autre. Les policiers de l’OCRGDF ont désormais la réponse, pour ce qui est de l’origine (l’argent public ou les commissions sur des marchés publics) comme pour ce qui est des circuits. S’agissant de ceux-ci, une banque est pointée du doigt. Elle est française : la Société générale — la banque n’a pas donné suite à nos sollicitations. Dans leur rapport de synthèse, les policiers parlent même d’un « rôle majeur » de la Société générale dans ce qu’ils qualifient de « schéma de fraude à dimension internationale ».

L’histoire de la Société générale en Guinée-Équatoriale remonte à la fin des années 1990 et l’ouverture d’une filiale sur place. Avec une petite coquetterie toutefois : l’État équato-guinéen a pris 30 % du capital et le président en personne s’est octroyé 7 % des actions. Quitte à être servi par soi-même, la présidence du conseil d’administration de la banque a été confiée au ministre local de l’économie.

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Même constat en ce qui concerne le Congo et la dynastie Bongo, cette fois pour BNP Paribas :

Les juges chargés de l’affaire des Biens mal acquis ont été saisis, fin 2014, par le parquet national financier, de faits de « blanchiment de détournement de fonds publics » liés à l’héritage d’Omar Bongo, l’ancien tout-puissant président du Gabon décédé en juin 2009 à Barcelone. (...) L’origine de cette offensive judiciaire se trouve dans une dénonciation officielle des autorités de Monaco, adressée le 27 octobre 2014 à la procureure nationale financière, Éliane Houlette. Un rapport « confidentiel » du Service d’information et de contrôle sur les circuits financiers (Siccfin), l’équivalent monégasque du Tracfin français, fait ainsi état de « nombreux comptes bancaires » détenus « par la famille Bongo » et ouverts au sein de trois banques domiciliées sur le Rocher : la Banque Martin Maurel (BMM), la Martin Maurel Sella (MMS) et la BNP Wealth Management.

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Sur les activités de BNP Paribas Wealth Management à Monaco, voir aussi ici.

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Photo : David Avoura King cc by-nd

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