La faute de ce dernier ? Avoir posé trop de questions sur les risques financiers que faisaient peser sur la firme américaine une bataille judiciaire engagée par des communautés équatoriennes. Celles-ci cherchent à obtenir réparation suite aux graves dégradations environnementales et aux risques sanitaires occasionnés par l’exploitation pétrolière sur leurs territoires dans les années 1960.
En février 2011, la justice équatorienne avait finalement condamné Chevron à 18 milliards de dollars d’indemnisation aux victimes. Une somme que la firme pétrolière se refuse toujours à payer. La bataille judiciaire se poursuit. Les plaignants ont saisi la justice de plusieurs pays sud-américains et du Canada pour obtenir un gel des avoirs de Chevron dans ces pays jusqu’à paiement de l’amende.
Chevron, de son côté, prétend ne voir dans toute cette affaire une "tentative d’extortion" orchrestée par des organisations non gouvernementales et de policitiens corrompus. La firme a déjà lancé des poursuites contre plusieurs acteurs de l’affaire. C’est dans ce cadre que s’inscrit la tentative d’intimidation de Trillium.
Comme l’observe le quotidien new yorkais, les grandes entreprises se contentent habituellement d’ignorer superbement les questions et les motions dérangeantes soumises par des actionnaires éthiques. C’est la première fois qu’une firme va jusqu’à les poursuivre en justice.
Olivier Petitjean
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Photo : Lago Agrio, Équateur après le passage de Texaco - Julien Gomba cc (source)