13.07.2017 • Automobile

PSA accusée de s’acharner contre les syndicalistes

La CGT dénonce une « criminalisation de l’action syndicale » au sein du groupe automobile PSA. Les représentants du personnel seraient la cible d’une campagne d’intimidations et de sanctions, de plus en plus accompagnées de procédures judiciaires, notamment à l’usine de Poissy. Une situation qui n’est pas sans rappeler à certains la situation qui prévalait à l’usine d’Aulnay avant sa fermeture.

Publié le 13 juillet 2017

Mediapart évoque notamment le cas de Farid Borsali, secrétaire depuis 17 ans du syndicat CGT sur le site de Poissy, récemment condamné à six mois de prison avec sursis et 2 000 € de dommages et intérêts pour avoir « tordu l’index et la main gauches » d’un de ses chefs :

« Ils avaient déjà organisé une action similaire une quinzaine de jours auparavant, ça s’était bien passé, la direction avait ensuite mis aux normes le matériel », rappelle Me Marie-Laure Dufresne-Castets, l’avocate de Farid Borsali. Ce jour-là, pourtant, la direction fait appel à un huissier. Dans son constat, que nous avons pu consulter, nulle mention n’est faite de violences de la part de M. Borsali. Le professionnel est effectivement arrivé sur les lieux à 7 h 35, alors que le délégué CGT est accusé d’avoir insulté et tordu la main de son chef entre 7 h 30 et 7 h 32. « Imaginez, un syndicaliste qui frappe un cadre et un huissier qui ne note rien, ce serait surprenant », pointe Me Dufresne-Castets. « Le chef, le lendemain, il a repris le travail, avec ses dix doigts », souffle un des collègues présents en soutien.

« On veut faire passer les militants pour des voyous », lance l’avocate. Elle dresse notamment un parallèle à ce qu’elle a pu constater à Aulnay – où près de 1 200 salariés ont été licenciés en 2013. Philippe Julien, un ancien de PSA Aulnay, rencontré lors du rassemblement du comité de soutien aux militants poursuivis, ne dit pas le contraire. « C’est exactement ce qu’on a connu à l’époque, quand ils se préparaient à la fermeture de l’usine. Mais ça ne nous a pas empêché de nous bagarrer. » Jean-Pierre Mercier, délégué CGT du groupe PSA Peugeot Citroën l’affirme : « Depuis octobre 2016, on fait face à une avalanche de sanctions disciplinaires. » Le syndicat dénombre 14 militants sanctionnés, pour un total de 61 jours de mise à pied. « Mais ça, c’est nouveau. » Ça ? « L’acharnement judiciaire sur les militants. »

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La direction de PSA dénonce des accusations infondées et évoque des « cas individuels », n’étant pas elle-même à l’origine des poursuites judiciaires (sauf dans un cas à Mulhouse). L’avocate des militants de Poissy interrogée par Mediapart souligne néanmoins que « toutes les pièces du dossier contre M. Borsali venaient de la direction : le constat d’huissier, des attestations produites dans le cadre d’une procédure de sanction ».

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Photo : End User CC via flickr

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