19.10.2022 • Actus, revue de presse et liens

TotalEnergies veut ouvrir une nouvelle frontière gazière en Afrique du Sud

Les associations Bloom et Green Connection lancent une campagne contre un mégaprojet gazier de TotalEnergies au large de l’Afrique du Sud, dans des conditions extrêmes et avec des risques énormes pour la biodiversité. Elles appellent à une large mobilisation tant qu’il est encore possible de stopper cette nouvelle bombe climatique.

Publié le 19 octobre 2022 , par Chiara Pignatelli

TotalEnergies a déposé le 5 septembre 2022 une demande de licence de production auprès des autorités sud-africaines en vue de l’exploitation de deux immenses champs gaziers offshore. Les gisements sont situés à plus de 1000 mètres de profondeur, dans une zone à la biodiversité exceptionnelle, encore vierge de toute exploitation d’hydrocarbures. Ce projet à 3 milliards d’euros pourrait représenter 1 milliard de barils de gaz équivalent pétrole. Une nouvelle bome climatique qu’il est toutefois encore temps de désamorcer selon l’association française Bloom, qui organisait ce lundi une conférence de presse aux côtés des eurodéputés Karina Delli et Raphaël Glucksmann, du député français François Ruffin et de la militante écologiste Camille Étienne, pour tirer la sonnette d’alarme.

Les projets d’extraction de TotalEnergies pourraient détruire une zone extraordinaire, un « corridor bleu » pour de nombreux animaux marins, dont les ressources sont encore inexploitées en raison de conditions météorologiques extrêmes. TotalEnergies semble avoir mis tout en oeuvre pour surpasser ces limites naturelles au moyen de la technologie. « Le génie de Total contre la nature », dénonce la fondatrice de Bloom Claire Nouvian. Liziwe McDaid, représentante de l’ONG sud-africaine Green Connection, pointe quant à elle le manque de consultation des populations et le risque pour les communautés locales.

Un premier pas vers une destruction programmée

Alors que le GIEC et l’ONU sont très clairs sur la nécessité de mettre fin à tout investissement dans de nouveaux projets d’hydrocarbures, l’obtention de cette licence serait aussi un signal fort envoyé à d’autres entreprises pétrolières susceptibles d’emboîter le pas au géant français. Pour les associations, le projet de TotalEnergies serait le premier pas vers la destruction programmée de cette zone marine. Elles dénoncent également le fait que Total ose qualifier le passage du charbon au gaz de « transition énergétique » pour l’Afrique du Sud, dont le potentiel en énergies renouvelables est pourtant énorme.

La fin de la consultation avant la décision des autorités sud-africaines est prévue pour le 20 janvier 2023. Selon Bloom, il est donc encore temps d’agir avant qu’il soit trop tard. L’association a lancé une pétition à cette fin. Pour les projets pétroliers de TotalEnergies en Ouganda et en Tanzanie, la médiatisation et la mobilisation de la société civile avaient tardé, rendant plus compliqué pour le groupe pétrolier de renoncer à ce projet malgré les critiques et les contestations. Ce n’est pas encore le cas en Afrique du Sud.

Chiara Pignatelli

Photo : Eni cc by-nc

Boîte Noire

Lire le dossier de presse de Bloom, ainsi que le fil explicatif de Claire Nouvian, porte-parole de l’association.

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