Le 4 juin dernier, Pierre-Édouard Stérin était auditionné par la commission d’enquête sénatoriale sur le financement des politiques publiques. Sous l’égide de sa présidente Sonia de la Prévôté (Union centriste) et de sa rapporteuse Colombe Brossel (Socialistes), cette commission s’intéresse au rôle croissant de l’argent privé - comme celui émanant de l’homme d’affaires d’extrême droite – dans le financement des associations et de la culture, sur fond de réduction des soutiens publics.
L’Observatoire des multinationales a publié il y a quelques mois une cartographie complète de l’empire contrôle par Pierre-Édouard Stérin, dans son volet économique comme dans ses versants philanthropiques et politiques (la frontière entre les deux étant très difficile à établir). Lire nos explications ici et là (mis à jour de février dernier).
L’année dernière, le propriétaire de la smartbox avait refusé de se rendre à son audition devant une autre commission d’enquête parlementaire, sur le financement de la vie politique. Suite à ce refus, passible de deux ans de prison et d’une amende de 7 500 euros, il a été entendu par la police judiciaire en novembre.
Cette fois-ci, il a répondu à la convocation. Il a assumé son statut d’exilé fiscal et s’est une nouvelle fois revendiqué « à droite de l’extreme droite » sur les questions de migrations. En revanche, il a esquivé toutes les questions sur le fonctionnement de son empire, par exemple sur les raisons pour lesquelles aussi bien le Fonds du bien commun que le projet Périclès sont - comme nous l’avons révélé - financés via des prêts d’autres sociétés qu’il contrôle plutôt que par des dons.
La commission d’enquête a également auditionné Arnaud Rérolle, le directeur du projet Périclès, et Edward Whalley, celui du Fonds pour le bien commun, deux antennes de l’empire Stérin, ainsi que des représentants de nombreuses structures financées par l’homme d’affaires, comme Politicae, institut de formation à destination des élus locaux, l’Institut de formation politique (son directeur Alexandre Pesey a dit à cette occasion quelques bêtises sur l’Observatoire des multinationales), Excellence ruralités, Familiya ou encore les Académies Saint-Louis.
Toutes ces auditions sont à retrouver sur le site du Sénat.

