La France, comme beaucoup d’autres pays, multiplie les mesures destinées à attirer sur son territoire des centres de données géants, à l’image de ceux prévus par Google près de Châteauroux ou par le fonds émirati MGX à Fouju, en Seine-et-Marne.
Bien que favorisées au nom de la « souveraineté numérique », la réalité est que ces infrastructures sont portées par des firmes étrangères et vont surtout servir, en dernière instance, les intérêts des Big Tech, en poussant les entreprises, les services publics et les individus vers le cloud et le tout-numérique.
Pourquoi alors un tel empressement ? Une partie de la réponse tient aux intérêts économiques de nombreuses entreprises tricolores qui voient dans la ruée actuelle vers les datacenters une véritable aubaine : groupes énergétiques, fournisseurs d’équipements électriques, entreprises de BTP... nombreux sont les acteurs français qui comptent bien avoir leur part du gâteau, quitte à accepter leur subordination aux empires économiques des géants de la tech.
Les géants du pétrole et du gaz, comme TotalEnergies, sont aussi en embuscade, trop heureux de trouver des débouchés pour leurs hydrocarbures et des alliés pour remettre en cause les objectifs climatiques et les règles environnementales. En témoigne le récent partenariat entre le géant français et Mistral AI.
Pourtant, le boom des centres de données paraît largement déconnecté des réalités aussi bien écologiques qu’économiques, tiré qu’il est par la spéculation financière et la bulle de l’IA.
Séverin Lahaye s’était penché sur ces différents acteurs dans son enquête : Big Tech, opérateurs, fonds d’investissement, fournisseurs... À qui profite vraiment le boom des datacenters en France ?

