Au-delà de la réussite financière de son propre fonds, Pierre-Édouard Stérin a également développé Otium grâce à des personnes aujourd’hui devenues elles aussi des entrepreneurs à succès. C’est le cas de Philippe de Chanville et Christian Raisson, qui ont depuis leur départ du navire Stérin co-fondés la plateforme de vente en ligne de produits de bricolage ManoMano. Ou encore de Stanislas Niox-Chateau, le cofondateur de Doctolib. Si la majorité d’entre eux restent discrets sur leurs opinions politiques, certains ne cachent pas leurs proximités avec les idées réactionnaires.
À la tête du véhicule d’investissement de Stérin Otium Ventures jusqu’en 2019, Pierre Entremont l’a quitté pour monter Frst, un fonds d’investissement à la stratégie plus agressive, présent lui aussi au capital de Payfit et Owkin, mais également d’autres licornes comme Pigment et Poolside. Sur le réseau Linkedin, Pierre Entremont affiche publiquement sa fascination pour les « tech bros » américains, republiant notamment le discours masculiniste de Marc Zuckerberg tenu au micro du podcast de Joe Rogan. Il relaye également les déclarations de Musk selon lesquelles le parti d’extrême-droite allemand l’AfD n’est pas extrémiste, affiche son admiration pour le président argentin Javier Milei ou pour Donald Trump, et voue surtout une fascination au patron de Tesla Elon Musk, critiquant les réglementations européennes comme le RGPD et l’IA Act.
Une vision qu’il partage avec son mentor Pierre-Édouard Stérin, fervent admirateur de l’investisseur libertarien Peter Thiel, fondateur de Paypal. Pierre Entremont rêve comme aux États-Unis d’un État repris en main par des entrepreneurs. En janvier, Frst a publié en partenariat avec Harris Interactive un « Elonscore », baromètre de l’image qu’ont les citoyens européens d’Elon Musk.
Quelques semaines plus tard, il publiait - toujours en partenariat avec Harris Interactive - un nouveau sondage sur la volonté des Français d’avoir un entrepreneur comme Président de la République. Parmi les noms proposés : Xavier Niel, Bernard Arnault, François-Henri Pinault, Vincent Bolloré et Stanislas Niox-Chateau, fondateur de Doctolib et ancien collègue de chez Otium.
Un post commenté ainsi par Pierre-Édouard Stérin : « Génial cette initiative ! Et surtout les chiffres sont bluffants. Il n’y a plus qu’à décider un de ces entrepreneurs de sauter le pas et d’y aller ! »
En réponse à cet article, Pierre Entremont a précisé que « Pierre-Edouard Stérin n’est absolument pas mon mentor et ne l’a jamais été ».



