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Partage des richesses

Le mécénat : générosité privée ou cadeau de l’État aux entreprises et aux milliardaires ?

La législation sur le mécénat est très favorable aux entreprises, et de plus en plus coûteuse pour l’État. Elle se traduit aussi par une influence croissante du secteur privé sur la culture, la recherche et l’action associative.

Publié le 25 novembre 2025

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« J’ai un peu de mal avec les grincheux. On donne dix millions, on applaudit. On dit merci. »

« Non, mais est-ce que vous pouvez dire : ’merci Bernard Arnault’ ? »

Dans certains médias, la cause est déjà entendue. Sans les dons généreux des entreprises et des milliardaires qui les détiennent, nous ne serions plus capables de reconstruire Notre-Dame, de financer les Restos du cœur ou de garder en France des chefs d’œuvre artistiques qui autrement tomberaient entre les mains de riches étrangers.

Cette générosité supposée est souvent invoquée dans les débats sur le partage des richesses et la fiscalité. Que l’on parle de dividendes excessifs, de suppressions d’emploi, ou de ce que les ultra-riches ne paient pas leur juste part d’impôt – comme récemment autour de la proposition de taxe Zucman –, l’argument est tout trouvé : nous devrions être contents d’avoir des milliardaires et des multinationales florissantes en France, car ils font ce que l’État n’a plus les moyens de faire.

Sauf que l’essor du mécénat ces dernières années en France cache une réalité beaucoup plus ambiguë.

Au-delà des dons très médiatisés, les « partenaires », « soutiens », « donateurs », « bienfaiteurs » et autres « philanthropes » occupent une place croissante dans le fonctionnement et la gestion de nombreuses institutions culturelles, établissements d’enseignement supérieur et de recherche ou associations assurant des missions d’intérêt général.

Cette tendance ne s’explique pas tant par un engagement soudain et massif du monde de l’entreprise sur les sujets de sociétés que par des choix politiques.

Sous couvert d’encourager les dons des entreprises et la philanthropie individuelle s’est mise en place une législation très favorable au secteur privé, qui a modifié sans le dire tout l’équilibre et la logique du financement de ces secteurs – et qui se révèle de plus en plus coûteuse pour l’État.


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