Local

Territoires sous influence, territoires en résistance. Autour des élections municipales 2026

À l’occasion des élections municipales 2026, l’Observatoire des multinationales vous propose une série d’enquêtes sur les stratégies d’influence territoriales des grandes entreprises et sur les résistances locales.

Publié le 12 mars 2026

  • Thèmes liés :
  • Pays concernés :
  • Temps de lecture : ?

Les dimanches 15 et 22 mars se tiennent en France les élections municipales, qui vont renouveler les mandats de maires et de conseillers pour six ans.

Un an avant les prochaines présidentielles et législatives, les considérations de politique nationale pèsent encore plus que d’habitude sur ce scrutin.

Il n’en est pas moins l’occasion de recentrer l’attention sur le niveau local et ses enjeux. C’est là que se font ressentir concrètement certains des sujets qui intéressent le plus directement les électrices et électeurs – le logement, la qualité de la vie, la santé, l’alimentation – alors même que ces sujets sont très largement influencés par des acteurs et des décisions à l’échelle nationale ou supranationale : les politiques publiques ou les stratégies des grands acteurs économiques qui opèrent par delà les frontières.

En matière économique, l’échelle locale apparaît ainsi souvent comme un réceptacle des problèmes globaux. Beaucoup d’élus se donnent simplement pour mission d’attirer ou de garder les investisseurs et les entreprises sur leur territoire, avec parfois une grande part d’aveuglement voire de servilité.

Les autorités territoriales brassent aussi beaucoup d’argent – via l’octroi de marchés publics, via la gestion des services collectifs, via les décisions d’aménagement qui occasionnent de juteux contrats. Traditionnellement, ce sont surtout les entreprises de secteurs comme l’eau, les déchets ou la construction qui nouent, de manière plus ou moins légale, des relations étroites avec les maires et les autres élus locaux. Ces entreprises sont de plus en plus rejointes par des firmes d’autres secteurs, notamment le numérique, les plateformes ou la logistique, qui veulent implanter de nouveaux équipements (comme, précisément, des centres de données) ou qui prospèrent sur de nouveaux marchés urbains.

Mais l’échelon municipal est aussi parfois un lieu de résistance et de transformation, comme l’avait montré la série d’enquêtes sous le titre « Villes contre multinationales » que l’Observatoire des multinationales avait conçue à l’occasion des précédentes élections (à retrouver ici). De nombreuses villes et leurs habitants luttent, partout en Europe, contre les impacts et les méfaits locaux des grandes entreprises, que ce soit en matière de pollution, de logement ou de transport. Ils cherchent aussi à reconstruire, depuis le terrain, une économie résiliente, écologique, ancrée dans les besoins de la population et dont les richesses ne seraient pas exploitées au profit de lointains actionnaires.

Cette vision positive du rôle des villes et de l’échelle locale – qu’illustre aussi à sa manière l’élection de Zohran Mamdani à New York il y a quelques mois – est également importante dans l’optique de la lutte contre l’extrême droite et de l’extrême-droitisation des esprits, dont la campagne électorale en cours offre encore une fois de nombreux exemples.


Articles liés à cette publication


Les publications de l’Observatoire

L’Observatoire est à votre écoute

  • Besoin d’éclaircissements ?
  • Une question ?
  • Une information à partager ?
Contactez-nous