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[publication] CAC40 : « Tout va très bien, madame la marquise »

Dans un contexte pourtant difficile, les bénéfices, dividendes et rachats d’actions du CAC40 explosent, de même que la rémunération engrangée par leurs dirigeants. Les groupes qui s’illustrent par leurs excès figurent aussi parmi ceux qui ont bénéficié le plus des aides publiques mises en place suite à la pandémie de Covid-19. Pourtant, l’exécutif refuse toujours d’envisager une taxation exceptionnelle des profits ou des rémunérations des actionnaires. Nouvelle note Allô Bercy.

Après plus de deux ans de pandémie, des records à la pelle :

  • 100 % des groupes ont obtenu des aides publiques
  • Deux tiers du CAC40 battent leurs records historiques de profits
  • 4 groupes dépassent les 12 milliards d’euros de bénéfices : TotalEnergies, Stellantis, LVMH et ArcelorMittal.
  • Plus de 80 milliards d’euros pour les actionnaires au total (+57%).
  • Record de rachats d’action : 23 milliards d’euros en 2021 (+200%).
  • Record de dividendes : 57,5 milliards d’euros sur les profits 2021 (+33%).
  • Près de 237 millions d’euros pour les patrons (+23%).
  • Au moins 27613 emplois supprimés en France.

Fi de la guerre, de la pandémie, de l’inflation et du dérèglement climatique ? Dans un contexte pourtant marqué par des crises multiples et une remise en cause des fondements de l’ordre économique international, les groupes du CAC40 ont abordé leurs assemblées générales annuelles 2022 sur l’air de “Tout va très bien, madame la marquise”. Records de bénéfices, records de dividendes, records de rachats d’actions, records de rémunérations patronales… Cela ressemble à une véritable curée, rendue possible par l’argent public avec la bénédiction du pouvoir exécutif.

Dans le même temps, les suppressions d’emplois se poursuivent dans la plupart des multinationales tricolores, à l’exception de quelques groupes de services à distance (Teleperformance, Capgemini) dont l’effectif explose... à l’international. L’adage selon lequel « les bons résultats du CAC40 seraient les emplois de demain  », repris en boucle par l’exécutif, ne résiste pas à l’épreuve des faits.

Dans un contexte de guerre en Ukraine et de fin sans fin de l’épidémie de Covid-19, les groupes du CAC40 ont continué à profiter à plein de dizaines de milliards d’aides publiques. 100 % des groupes du CAC40 ont profité au moins d’une des nouvelles aides mises en place pour faire face à la pandémie et à ses conséquences - et le plus souvent de plusieurs aides. Aux aides d’urgence (PGE, chômage partiel, reports de charges et cotisations) se sont ajoutés des plans sectoriels et le plan de relance qui a profité de manière disproportionnée aux grandes entreprises, la baisse des impôts de production, les achats de dette des banques centrales, le plan France 2030, de nouvelles aides à l’embauche, les aides aux industriels sur les prix de l’énergie, et les nombreux autres plans mis en place au nom de la « relocalisation » et de la « souveraineté économique ». Ce qui n’empêche pas les milieux d’affaires de réclamer aujourd’hui de nouvelles aides et de nouvelles baisses d’impôts.

Cela forme un contraste saisissant avec la situation des ménages confrontés aux conséquences de l’inflation. La richesse du CAC40 est très peu redistribuée, les négociations de revalorisation salariale ayant patiné dans de nombreux groupes. Les grandes entreprises françaises ont profité de la manne sans faire grand chose pour se préparer aux crises futures et à leur répercussions, que ce soit à court terme avec la guerre en Ukraine et les tensions d’approvisionnement venues s’ajouter à celles déjà existantes du fait de la pandémie, ou à court, moyen et long terme avec le dérèglement climatique.

Lire la note CAC40 : « Tout va très bien, madame la marquise » (pdf, 4 pages)

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