Source : Le Figaro

Énergies sales

Privatisations en Grèce : EDF intéressée par l’électricien public DEI... pour développer le charbon

Dans le cadre du vaste programme de privatisation imposé par la troïka, la Grèce se prépare à vendre DEI, producteur public d’électricité. Selon le Figaro, l’entreprise publique française EDF figure parmi les principaux intéressés. Principale motivation d’EDF ? Les actifs de DEI dans le secteur du lignite (charbon brun) - l’une des sources d’énergie les plus polluantes et les plus fortement émettrices de gaz à effet de serre à l’heure actuelle.

Placée sur la liste des entreprises publiques à privatiser, DEI n’intéressait que peu d’investisseurs étrangers. Le gouvernement grec a donc décidé de séparer la partie endettée des activités de la société en développement, comme le lignite, l’énergie hydraulique et le gaz naturel.

Le montant exigé pour la privatisation de la partie « saine », ou « petite DEI », dont le portefeuille s’élève à 2400 mégawatts en unités de gaz naturel, est de 1,5 à 2 milliards d’euros. Selon Nikos Ypofantis, analyste énergétique, c’est une opportunité unique et rentable. « En achetant l’électricien grec, les grands groupes acquièrent immédiatement une influence dans les Balkans. Ensuite, la Grèce est le seul pays en Europe, avec la Pologne (et l’Allemagne, NDLR) qui détient le savoir-faire pour exploiter le lignite et l’investisseur pourra même développer des mines », explique-t-il. C’est sans doute pour cela que la concurrence est rude. Quatre autres sociétés européennes ont déjà exprimé leur intérêt, au même titre qu’EDF, et la pression monte, à commencer par l’allemand RWE.

Lire l’intégralité de l’article sur le site du Figaro.

EDF est déjà active dans le domaine du lignite (mines et centrales) en Pologne et dans les Balkans, via sa filiale italienne Edison. Elle est notamment partie prenante du projet de centrale de Kolubara en Serbie (lire En Serbie, EDF accusée de soutenir l’expansion du charbon). La région des Balkans compte de nombreux projets de nouvelles centrales au charbon, généralement financés par des capitaux européens publics et privés, à l’impact environnemental extrêmement controversé.

Olivier Petitjean