Sources : Alternatives économiques , Amis de la terre

Finance

Un projet de centrale au charbon en Indonésie, test des prétentions climatiques des banques françaises

À l’occasion de la Conférence climat de Paris, les grandes banques françaises ont rivalisé d’engagements et de beaux discours, annonçant notamment leur désengagement du charbon, principale source globale de gaz à effet de serre. Un projet de centrale au charbon sur l’île de Java, que la Société générale et le Crédit agricole envisagent de soutenir, constitue le premier test significatif de ces bonnes résolutions. L’Indonésie figure parmi ces quelques gouvernements, comme ceux de l’Australie ou de la Colombie, qui semblent continuer à miser sur le développement du charbon, malgré son impact climatique. Les banques françaises l’encourageront-elles sur cette voie ?

Six mois après la COP 21 et ses promesses de limitation du changement climatique à 2° C, 2 440 nouvelles centrales à charbon sont toujours en projet dans le monde, selon une analyse de l’organisation Climate Action Tracker, soit autant de menaces pour la réalisation des engagements de décembre 2015. Au nombre de ces programmes, il y a l’extension de la centrale Tanjung Jati B (TJB2), sur l’île de Java en Indonésie. Parmi les banques qui étudient la possibilité de le financer se trouvent des établissements japonais, mais aussi la Société générale et le Crédit agricole. (...)

Tanjung Jati B est aujourd’hui dotée une puissance de 2,6 GW. Selon l’étude des ONG, le projet d’extension entend lui conférer deux nouvelles unités de 1 GW chacune pour un coût de 4 milliards de dollars. Il s’inscrit dans un plan énergétique national lancé en 2015, qui prévoit une hausse de 35 GW de capacité de production d’ici à 2019. En 2013, le pays avait une capacité installée de 51 GW, dont 20 GW tirés du charbon. L’objectif affiché : faire passer l’accès de la population à l’électricité de 88 % à 97 %.

Une centaine de nouvelles centrales doivent être mises sur pied à cette fin. D’après Bondan Andriyanu, de Greenpeace Indonésie, la majorité doivent être établies sur l’île de Java, où il estime que plus de 90 % de la population a déjà accès à l’électricité. Soit loin des zones où les besoins sont importants. En Papouasie, par exemple, moins de la moitié de la population a accès au réseau. Pour Greenpeace Indonésie, la raison d’être de ce plan se trouve ailleurs : il pourrait s’agir d’offrir de nouveaux débouchés aux mines indonésiennes d’extraction de charbon. Car l’Indonésie est un gros exportateur de charbon - 80 % de sa production en 2014 - mais face à la chute des prix internationaux et à une baisse de la demande, notamment de la Chine, les revenus qui y sont liés tendent à diminuer.

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